J’ai dormi dans ce cirque au pied de la cascade ; heureusement le sommeil était plus fort que le bruit ; même si c’est une belle cascade, ce ne sont pas les chutes du Niagara ! N’exagérons rien ! Dans ce « trou », au sens propre comme au figuré, ne vivent que 10 personnes en permanence, par contre il y a quelques résidences secondaires. Ici rien ne passe : ni téléphonie, ni 4G. A l’hôtel il y a la wifi et le patron m’a dit que les opérateurs telecom avaient promis à la mairie, un raccordement complet, y compris fibre, pour le mois prochain. Tout arrive pour qui sait attendre !
Hier nous étions 6 marcheurs à dîner et loger à l’hôtel ; 4 prévoyaient de terminer aujourd’hui. Effectivement 35 kms, j’ai déjà fait, mais comme mon patron ne m’attend pas lundi au travail, je me suis dit pourquoi me précipiter ! Et puis j’ai voulu faire durer le plaisir ! Saint Guilhem, c’est comme Santiago, quand on y arrive, on n’est plus sur le Chemin !
Étape du jour assez physique ; il faut sortir du fond du cirque pour atteindre le plateau que l’on a quitté hier. Ascension sur environ 8 kms, en suivant les gorges de la Vis. C’est un sentier de la largeur de nos pieds avec d’un côté le précipice et de l’autre la montagne. Donc, sur cette portion, pas question de rêvasser, d’autant qu’il faut parfois traverser des couloir d’éboulis ! Fin de l’étape en plateau donc plus cool. Hier soir j’avais mis la dernière touche à mon poème ; il n’aura que six strophes : c’est déjà pas mal !
Je vous livre la sixième et dernière
strophe du poème.
Pour comprendre le sens que je veux donner à ce poème il faut savoir que Saint-Guilhem est le petit-fils y de Charles Martel, et donc le cousin de Charlemagne. Les deux cousins sont allés batailler en Espagne, du côté de Saragosse et de Pampelune, pour repousser les Maures. Lors de leur retraite, comme chacun sait, Roland, le neveu de Charlemagne, qui dirige l’arrière-garde, s’est fait tuer par les Vascons. Quelques années plus tard, Guilhem ( qui était en fait Guillaume d’Orange) s’est retiré des armes pour s’orienter vers une vie monastique appliquant les règles de Saint Benoit. Il a alors créé l’abbaye de Gellone devenue Saint Guilhem du Désert. Charlemagne lui a offert un morceau de La Croix de Jésus, qu’il a récupéré en Palestine. Cette relique est conservée à Saint Guilhem du Désert et j’espère bien la voir.
Saint Guilhem
L'histoire nous conte qu'un vaillant chevalier
Jouait de son glaive lors des guerres d'Espagne,
Égorgeant sans mesure en combat singulier
Pour servir son cousin, l'empereur Charlemagne.
Mis à feu et à sang, l'ennemi réagit,
Dans l’ultime sursaut, repoussa l'assaillant.
Guilhem et sa garde, sourds au cor qui retentit,
Ne purent secourir le malheureux Roland.
De retour sur sa terre et las de guerroyer,
L'homme s'interrogea, renonça aux épées,
Médita sur sa vie, voulant mieux l'employer,
Chercha un doux chemin, bien loin des épopées.
Il jeta aux orties mille cottes de mailles,
Optant pour la chasuble et la robe de bure,
Enfin se retira dans ce pays de drailles,
Au pied de l'Aigoual, pour humer la nature.
Saint Benoît le séduit, il épouse ses lois
Et fonde une abbaye, l'abbaye de Gellone,
Y œuvre sans compter, des années et des mois,
Pour en faire ce lieu qui en France rayonne.
Charlemagne apporta sa pierre à l'édifice
Offrant à son cousin quelques pouces de bois.
Guihem fut sensible à ce noble sacrifice,
Un morceau de bois issu de la Sainte Croix.
Tg
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